« Nous pouvons bâtir une meilleure justice foncière »
Avec le zéro artificialisation nette (ZAN) la question de la sobriété foncière est devenue plus visible dans les débats. Pourquoi avez-vous souhaité développer une autre approche dans votre rapport?
Jean Guiony: J’ai voulu quitter le terrain du ZAN et des différents scénarios chiffrés en nombre de mètres carrés. J’avais la volonté de provoquer des réflexions programmatiques, qui font partie de l’ADN de la fondation Jean-Jaurès, mais aussi de rappeler que le foncier est un enjeu politique technique, juridique, urbanistique et écologique, mais aussi social. Les maires doivent, par exemple, expliquer à des ménages que le foncier qu’ils voulaient vendre pour leur retraite ne vaut plus rien, car il n’est plus constructible. Le ZAN n’est pas financé, c’est donc un problème social. Nous observons sans nous questionner l’accaparement des terres agricoles et la concentration de la propriété au niveau urbain. Le partage de la propriété foncière, dans les espaces urbains comme ruraux, est certes un sujet ancestral, mais qui est très largement neutralisé. L’objectif de cette enquête est de susciter un débat politique sur ces sujets.
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