Hong Kong aux limites de sa croissance
Victoria Harbour désigne le détroit situé entre l’île de Hong Kong et la péninsule de Kowloon. C’est aussi ainsi que l’on nomme la zone la plus emblématique de l’île, qui doit son nom au passé colonial hongkongais marqué par la présence britannique, de 1842 à 1997. À cette date, cette «région administrative spéciale» est revenue dans le giron chinois, perdant peu à peu les libertés acquises sous l’administration britannique, notamment avec l’adoption de la nouvelle loi sur la sécurité nationale du 1er juillet 2020.
Ce qui, en revanche, n’a pas changé, c’est la vocation financière de ce chapelet d’îles. Hong Kong reste la deuxième place boursière d’Asie, au coude-à-coude avec Singapour. Côté attractivité, le taux d’imposition des sociétés exerçant en dehors du territoire — 0% — s’avère particulièrement efficace. Les très hauts revenus succombent eux aussi aux sirènes hongkongaises, ce qu’atteste le nombre de milliardaires enregistrés sur place: ils étaient en 2024, selon le magazine Forbes, au nombre de 72. Seules Moscou (90 milliardaires) et New York (123) font mieux. Cette richesse d’en-haut masque toutefois une réalité bien plus sombre: 20% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté.
UN TERRITOIRE À SATURATION
Les conditions de vie de l’archipel peuvent donc être très dures. Avec une population estimée à 7,4 millions d’habitants en 2025, ce petit territoire de 1.092 km2 affiche une densité de l’ordre de 6.357 hab./km2. En réalité, compte tenu du relief, seul un cinquième du territoire est constructible. Résultat, la concentration urbaine avoisine les 30.000 hab./km2.
Comme en témoigne cette impressionnante vue aérienne, la ville est sans doute arrivée au seuil de saturation, ce que confirment les indicateurs relatifs à la pollution atmosphérique de l’archipel, particulièrement alarmants depuis quelques années.

