Des archives relancent le scandale de l’air toxique
À l’occasion du 25e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, la mairie de New York a publié 173.000 documents d’archive sur la qualité de l’air autour du World Trade Center. Ils font état de la présence d’amiante, de benzène, de métaux lourds et d’autres substances toxiques après les attaques, alors que les autorités assuraient publiquement que l’air était sans danger. Selon le World Trade Center Health Program, plus de 400.000 personnes ont été exposées à cet air contaminé. Des analyses ont notamment relevé de l’amiante dans un immeuble situé à 1,5km du site. Au 130 Liberty Street, des tests menés entre septembre 2001 et avril 2002 ont également détecté un taux d’amiante supérieur au seuil de 1%, ainsi que des contaminants cancérigènes, des métaux lourds, des champignons et des bactéries. Dès novembre 2001, un audit signalait par ailleurs une forte concentration de benzène à la décharge de Fresh Kills, à Staten Island. Les archives révèlent aussi les inquiétudes exprimées en interne. Une note de février 2002 rapporte que le député Jerrold Nadler accusait l’EPA (Environmental protection agency) de ne pas avoir suffisamment contrôlé la qualité de l’air intérieur. En octobre 2001, une autre note évoquait jusqu’à 35.000 plaintes potentielles contre la municipalité et alertait sur le retour trop précoce de personnes dans la zone sinistrée. À la fin juillet, le September 11 Victim Compensation Fund avait indemnisé 70.411 victimes de préjudices corporels et 6.222 décès. En 2025, 68 cartons de documents ont à nouveau été retrouvés, à l’origine de la publication actuelle. Pour l’association 9/11 Health Watch, ces archives montrent que la municipalité connaissait les dangers, mais a continué d’affirmer que l’air était «sûr et acceptable». Ces divulgations pourraient entraîner de nouvelles demandes d’indemnisation et d’éventuelles poursuites, notamment concernant la gestion des administrations des maires Rudy Giuliani et Michael Bloomberg.

