Congrès des géomètres-experts

À Nantes, l’IA au cœur des enjeux de la profession

Du 23 au 25 juin, la Cité des congrès de Nantes abritera un événement exceptionnel. Le thème retenu, l’impact de l’intelligence artificielle sur les technologies et les expertises du géomètre-expert, croise les interrogations qui traversent aujourd’hui la profession. Le format de l’événement, lui, réserve de nombreuses surprises.
Le jeudi 11 juin 2026
Cette 48e édition devrait être la plus grande réunion de géomètres-experts depuis la création de l’Ordre. © LisaRlld / Licences Creative Commons

L’intelligence artificielle n’est plus un sujet prospectif: elle est déjà entrée dans nos vies. Traitement automatisé des données topographiques, analyse d’images, assistance documentaire et juridique, production de contenus, gestion de cabinet, veille réglementaire, relation client: dans l’univers des géomètres-experts aussi, son usage transforme déjà les méthodes de travail et l’organisation des entreprises. Dans ce contexte, le 48e congrès de la profession marque le choix d’aborder la question directement, sans fascination excessive ni posture défensive. L’objectif affiché consiste plutôt à comprendre comment ces outils peuvent modifier les pratiques sans remettre en cause les fondamentaux du métier: la responsabilité, l’expertise humaine, la fiabilité de la donnée et la confiance accordée au géomètre-expert.
Le programme de ces trois jours traduit cette volonté de croiser approches théoriques, retours d’expérience et applications concrètes. Chercheurs, ingénieurs, magistrats, avocats, dirigeants d’entreprise, universitaires et professionnels du terrain interviendront autour d’un sujet qui dépasse largement la seule question technologique. La séance inaugurale donnera notamment la parole à Étienne Klein. Le physicien et philosophe des sciences ouvrira les débats autour des mutations induites par l’intelligence artificielle et de la manière dont les sociétés s’approprient ces nouveaux outils. À ses côtés, l’entrepreneur Nathan Menard apportera une lecture plus opérationnelle des transformations numériques actuellement à l’œuvre dans les entreprises.
Le congrès réunira également plusieurs spécialistes reconnus de l’intelligence artificielle appliquée aux organisations et aux métiers. Luc Truntzler, engagé depuis plusieurs années dans les travaux liés à l’IA générative et à ses usages en entreprise, interviendra sur les équilibres à trouver entre expertise humaine et automatisation. La question de la donnée territoriale et de la cartographie intelligente sera abordée par Antoine Labatie, spécialiste des modèles de fondation et des applications de l’IA à la cartographie des territoires à l’IGN (Institut national de l’information géographique et forestière). Autre intervenant attendu, Yves-Marie Le Bay, professeur-chercheur en intelligence artificielle à l’Université de Nice, apportera une réflexion plus directement tournée vers la stratégie des entreprises et les conditions concrètes d’intégration de l’IA dans les organisations professionnelles. Le témoignage de Jacques Priol, président du cabinet de conseil Civiteo, ancien dirigeant territorial et aujourd’hui spécialiste des politiques publiques liées à la donnée et aux territoires intelligents, viendra compléter ces expertises.


UN PROGRAMME «OFF» POUR ALLER PLUS LOIN

L’intérêt du programme proposé tient aussi à sa diversité. Les enjeux techniques y côtoient les problématiques juridiques, managériales et déontologiques. Magistrats, avocats et notaires échangeront ainsi sur les questions d’impartialité algorithmique, de sécurisation foncière, de responsabilité ou encore de médiation. Cette approche transversale illustre une réalité désormais bien identifiée: l’IA ne transforme pas uniquement les outils du géomètre-expert. Elle interroge également ses responsabilités, ses méthodes de contrôle, sa relation au client et, plus largement, la place de l’expertise humaine dans des processus de plus en plus automatisés. Les professions réglementées seront d’ailleurs au cœur de plusieurs séquences consacrées à la régulation de ces nouveaux usages. La députée européenne Valérie Hayer participera notamment à une table ronde portant sur les conséquences de l’IA pour les ordres professionnels et sur la mise en œuvre du cadre réglementaire européen.
L’une des nouveautés majeures de cette édition réside également dans la création d’un véritable programme «Off». Pensés comme des espaces de démonstration et d’échanges pratiques, ces ateliers prolongeront les conférences plénières avec des cas d’usage directement liés à l’activité des cabinets. L’intérêt suscité par ces sessions, pour beaucoup déjà complètes, semble témoigner de l’appétence concrète des professionnels pour ces outils. Automatisation des tâches répétitives en DAO, contrôle de livrables, exploitation des relevés topographiques, agents conversationnels appliqués au foncier, veille juridique ou comptes rendus automatisés: les ateliers montreront que l’IA entre désormais dans le quotidien opérationnel des cabinets.
Le salon professionnel, qui réunira plus de 60 partenaires — éditeurs, industriels, fabricants, start-up et acteurs institutionnels — complétera cette approche en présentant les solutions déjà disponibles pour les métiers de la mesure et de l’aménagement.


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