Paris : un locataire sur deux consacre plus d’un tiers de ses revenus au logement
Le logement pèse de plus en plus lourd dans le budget des locataires parisiens, alors que, depuis plusieurs années, l’offre de biens à louer recule dans la capitale, selon des études de l’Insee et de l’Institut Paris Région (IPR) publiées le 7 mai dernier. La moitié des locataires du parc privé parisien consacrent plus de 34% de leurs revenus au loyer, un niveau jugé élevé au regard des seuils d’effort financier habituellement retenus. Cette pression est particulièrement forte pour certaines catégories: une femme seule sur deux dépasse 42% de taux d’effort, contre 39% pour les familles monoparentales et 38% pour les hommes seuls. Les jeunes sont également concernés, un locataire de moins de 30 ans sur deux consacrant environ la moitié de ses revenus au logement. Ces données ne tiennent pas compte des aides au logement, qui concernent 17% des locataires du parc privé parisien. L’Insee souligne toutefois que, même avec ces aides, une large part des ménages reste fortement contrainte par le coût du logement, ces aides étant «considérées comme un moyen d’alléger la charge financière, et non comme un supplément de revenu».
En parallèle, l’offre locative privée s’est contractée à Paris: l’Institut Paris Région (IPR) parle d’une baisse de 16208 logements entre 2006 et 2022, soit -3%. Cette évolution contraste avec le reste de l’Île-de-France, où le parc locatif privé a progressé sur la même période, notamment en grande et petite couronne, +15%. Selon les auteurs de cette étude, cette baisse parisienne s’explique surtout par la dégradation de la rentabilité locative, liée au décalage entre la hausse des prix de l’immobilier et l’évolution plus lente des loyers. Cette dynamique aurait poussé certains investisseurs à se reporter vers les autres départements franciliens (Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne), où l’offre locative est en hausse.

